Débats citoyens en AURA

L'écrivaine Hélène Waysbord au lycée Fauriel le 1er février 2018

Par FRANCK THENARD-DUVIVIER, publié le samedi 27 janvier 2018 20:57 - Mis à jour le lundi 29 janvier 2018 22:00
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En octobre 1942, à Argenteuil l'arrestation des deux parents met fin à une époque de la vie d'H. Waysbord. Ils ne reviendront pas d'Auschwitz. Cachée dans un village, elle échappe à l'extermination... En 2013, elle publie "L'Amour sans visage"...

Écrivaine et présidente d'honneur de la Maison d'Izieu, Hélène Waysbord nous fera l'honneur de participer à la table ronde "Ecriture et mémoire de la Shoah", organisée dans le cadre des Débats citoyens en Auvergne-Rhône-Alpes, et elle sera présente lors de la journée d'études "Communautés juives sépharades en Méditerranée".

Normalienne, agrégée de Lettres classiques et ancienne Inspectrice générale, Hélène Waysbord pourra ainsi rencontrer les lycéens et étudiants, tout particulièrement ceux de Lettres supérieures. Ces derniers animeront les débats.

Qui est Hélène Waysbord ?

En octobre 1942, à Argenteuil l'arrestation des deux parents met fin à une époque de la vie d'Hélène Waysbord. Ils ne reviendront pas d'Auschwitz. Cachée dans un village de l'Ouest, elle échappe à l'extermination. Elle est reconnue pupille de la nation par la République française en 1946

Après des études supérieures à la Sorbonne, puis en 1960 à l'Ecole normale supérieure de Saint Cloud, elle réussit l'Agrégation de Lettres classiques et mène une carrière d'enseignante en classes préparatoires à Caen de 1968 à 1983.

En 1983, elle est nommée auprès de François Mitterrand au poste de conseiller pour les Grands Travaux du Septennat. A ce titre, elle conseille et assure le suivi pour le projet de la Villette, du Grand Louvre, de la Bibliothèque de France dont elle sera la déléguée scientifique en 1992.

Inspectrice générale de l'Education nationale en 1986, elle développe la politique des arts et de la culture : cinéma, théâtre, patrimoine. Rapport sur le rôle de l'image dans l'enseignement des lettres.

Responsable en 2002 du Bicentenaire Hugo pour le ministère de l'Education nationale, elle organise et participe à de nombreuses manifestations à L'Assemblée nationale, au Sénat, à la Comédie française ainsi qu'en région. Elle publie un livre bilan Victor Hugo sur les bancs de l'école (CNDP).

Au CNDP, devenu Canopé, elle est conseillère pour la littérature et conçoit le site Internet Présence de la Littérature ainsi qu'une collection de DVD. Elle dirige la réalisation d'un coffret de 4 DVD de films pédagogiques réalisés par Eric Röhmer et un entretien avec l'auteur.

A l'occasion du film Tous les Matins du monde, elle participe à la conception et à la réalisation d'un DVD d'entretien avec Pascal Quignard.

Spécialiste de la question de la mémoire et de la transmission, elle s'engage activement à la formation des enseignants et participe à deux ouvrages du réseau Canopé :

  • Enseigner la mémoire des génocides et la prévention des crimes contre l'humanité.
  • Web documentaire Mémoires européennes des camps nazis (2015).

En 2008, elle est missionnée par le ministre de l'Education nationale pour l'enseignement de la Shoah en primaire et préside une commission à la quelle participent Serge Klarsfeld, Claude Lanzmann, Simone Veil.

Elle a présidé la Maison d'Izieu entre 2004 et 2016, après avoir participé à la conception du projet suite au procès Barbie à Lyon en 1987.

Elle est vice-présidente de la Mission laïque française, association d'établissements français à l'étranger fondée en 1905.

En janvier 2015, elle reçoit la mission du ministre de l'Education nationale et du secrétaire d'état aux anciens combattants pour rénover le Concours de la Résistance et de la Déportation.

Ecrivaine, elle a publié chez Christian Bourgois :

  • L'Amour sans visage (2013).
  • Alex ou le porte drapeau (2014).

Elle a reçu les décorations suivantes :

  • Chevalier de la Légion d'Honneur en 1986, décorée par le Président François Mitterrand.
  • Commandeur du mérite en 2009, décorée par Madame Simone Veil.
  • Commandeur de la Légion d'Honneur en 2013 décorée par le président François Hollande (photo ci-dessous).

 

L'Amour sans visage

« L'Amour sans visage est un récit autobiographique dont la structure est un peu comme celle d'un manège où tout tourbillonne. L'impulsion initiale est donnée par un événement dramatique et ineffaçable : à la sortie de l'école, un jour d'octobre 1942, c'est une autre main que celles de ses parents (« partis en voyage », lui dira-t-on) qui se saisit de celle d'une petite fille, et pour elle aussitôt, elle le comprend, tout bascule.
Sauvée elle passera la guerre dans un village de l'ouest, où ceux qui l'ont recueillie tiennent un café. Cette plongée dans la campagne de la France occupée, et ce qui lui fera suite, dans la prime jeunesse comme à l'âge adulte, tout repose sur un puits de silence - celui où ses parents ont disparu : le mouvement de ce livre est justement d'aller puiser à cette eau, de remonter de l'oubli vers la mémoire. » (Jean-Christophe Bailly)

 

Alex ou le porte-drapeau

Enfant au destin emblématique dans la France en guerre, Alex est devenu le porte-drapeau de ce pays. Passant du statut de victime à celui d'homme de mémoire, il est le topographe minutieux d'un monde disparu. Une mission enrichie par sa passion pour le cinéma, propice aux vies imaginaires. Ce récit à multiples facettes, où s'entremêlent biographie et fiction de soi, offre une incursion dans l'Histoire par le biais d'un personnage qui se rêve autant qu'il se vit.