Débats citoyens en AURA

Table ronde au lycée Jean-Paul Sartre (69 Bron): Peut-on être un citoyen actif sans culture scientifique? Qu'y a-t-il dans nos assiettes?

Par SYLVIE DE ALMEIDA, publié le mardi 20 mars 2018 17:21 - Mis à jour le mardi 20 mars 2018 17:26
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Lundi 19 mars 2018 s'est tenue la table ronde du lycée Jean-Paul Sartre. Les lycéens ont pu rencontrer les intervenants en petits comités, puis ils ont débattu pendant deux heures devant une centaine d'élèves.

Après une série de saynètes drôles ou émouvantes en lien avec des études scientifiques, la table ronde a débuté par un court exposé des intervenants.

  • M. Philippe Méresse chercheur en chimie, responsable innovation et relations externes chez Bayer.
  • Mme Brigitte Allain, viticultrice, ancienne porte-parole de la confédération paysanne et ancienne députée EELV de 2012 à 2017.
  • M. Antoine Rolland maître de conférence  en statistiques.
  • Mme Maria Pelletier présidente de l’ONG Générations futures.

 

Pour tous, il faut informer les citoyens et que les citoyens puissent comprendre les informations transmises et les enjeux des débats pour qu’ils soient actifs. Les scientifiques doivent contribuer à faire comprendre leurs activités, vulgariser, simplifier, donner accès aux faits en se déplaçant dans des rencontres citoyennes, des forums, des débats publics... Il faut savoir ouvrir les portes pour montrer le travail dans les laboratoires de recherche.

Les défis de l’alimentation :

  • Il faut nourrir la planète, que chaque territoire nourrisse sa population, mais aussi produire des aliments sains, diversifiés et sans risques. Actuellement, on peut nourrir 11 milliards d’habitants, pourtant 3 milliards de personnes souffrent de la faim ou sont mal nourris.
  • Il y a aussi un défi économique de taille, du paysan aux entreprises de l’agro-alimentaire jusqu’aux distributeurs, tout le monde doit pour voir gagner sa vie.
  • Il y a aussi un autre défi, celui de l’emploi.
  • Des défis environnementaux.
  • Un défi territorial, le lien avec le territoire, le respect des productions alimentaires locales.

Il faut lier les politiques alimentaire et agricole, ce lien s’est distendu.

Il y a des défis, mais aussi des problèmes.

La  biodiversité est en danger, les sols sont appauvris, érodés, pollués, il faut faire face à des problèmes de santé importants. Le maillage économique est en danger également, les agriculteurs sont en grandes difficultés sociales (fort taux de suicide). 25% des fermes ont disparu ces 10 dernières années, des PME type laiterie sont en difficulté.

Comment fait-on pour remettre l’alimentation et la culture dans le respect du vivant au cœur de nos préoccupations ?

On veut pouvoir manger et il faut être conscient que pour avoir une alimentation saine il faut traiter les cultures.  M. Mairesse nous explique que la chimie fournit des solutions pour augmenter la qualité, même dans le cadre du bio. Il faut 10 ans de recherche pour développer des produits phytosanitaires. A l’origine de la fabrication  d’un  tel produit, il y a des problématiques, des indications politiques, des études qui sont réalisées pour que ces produits n’aient pas d’effet nocif avant d’être mis sur le marché. On peut aussi avoir confiance dans le travail des scientifiques pas seulement se méfier.

M. Rolland rappelle que dans une étude, on étudie un petit nombre d’individus pour évaluer les effets d’un produit. Les conditions de l’étude ne permettent pas de voir tous les effets d’un produit, surtout dans le cas de risques limités ou marginaux. Même un produit testé peut poser des problèmes. Dans le domaine du vivant, certains résultats obtenus dans une étude peuvent être faussés par le hasard. Par exemple dans des études différentes sur le lien entre manger de la viande rouge et le cancer, les résultats divergent. Corrélation ou causalité entre des problèmes de santé et un produit ? C’est souvent difficile de trancher.

Pour Mme Alain, il faut utiliser le phytosanitaire que lorsqu’on ne peut pas faire autrement. On a parfois mal à la tête, pourtant on ne prend pas tous les jours de l’aspirine. Il faut être au plus près des besoins. Pour M. Mairesse, la démographie mondiale nous oblige à augmenter des rendements et dans le bio, les rendements sont inférieurs. Les scientifiques ont des solutions à proposer.

Pour que les citoyens soient actifs, il faut organiser des débats. On voit que la COP 21 ou le Grenelle de l’environnement intéressent les citoyens.

Le public nombreux a pu poser des questions. Une exposition permettait de rendre compte du travail de toute l’année des élèves.

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